Comment fonctionne le réemploi ?

Elsa Debauge 13/02/2026
Tête Bobi

Le réemploi des matériaux de construction s’impose progressivement comme une pratique incontournable du secteur du bâtiment. Vertueuse sur le plan environnemental, elle nécessite toutefois de travailler différemment et de repenser les méthodes classiques de projet.

Si la démarche peut sembler complexe au premier abord, elle devient fluide et efficace lorsqu’elle est structurée et accompagnée par des professionnels qualifiés. Chez Bobi Réemploi, nous accompagnons les maîtres d’ouvrage et les équipes projet à chaque étape pour concrétiser la démarche.  

Voir le bâtiment comme une ressource

Engager une démarche de réemploi commence par un changement de regard sur l’existant.

Trop souvent, les bâtiments sont abordés uniquement sous l’angle de la démolition ou du curage, y compris dans les projets de réhabilitation.

Or, tous les bâtiments contiennent des ressources potentielles.

Et avant même de parler de réemploi, la première étape consiste à se poser la question de la préservation, encore plus vertueuse lorsque cela est possible.

Identifier et qualifier les gisements

Dans le cadre d’une opération, il est indispensable de recenser précisément les ressources disponibles du site.

Cette identification s’appuie, selon les cas, sur un diagnostic PEMD ou a minima sur un inventaire ressources détaillé. Cette étape permet d’avoir une idée claire du potentiel de réemploi des éléments constitutifs du bâtiment. Elle constitue la base de toute stratégie pertinente.

👉 Pour aller plus loin, découvrez nos articles dédiés :

Dans le cadre de projets neufs, la démarche commence par une étude approfondie des premières esquisses de projet pour définir des matériaux qu’il serait intéressant d’intégrer en réemploi.

Comment savoir si un matériau est réemployable ?

Comment savoir si un matériau est réemployable?
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Définir une stratégie de réemploi adaptée au projet

Pour les projets de réhabilitation ou de démolition/reconstruction, la stratégie de réemploi se construit à partir des ressources identifiées lors du diagnostic. L’enjeu est d’élaborer une démarche sur mesure, adaptée aux spécificités de l’opération.

Certaines ressources peuvent être réemployées directement sur site (réemploi in situ), tandis que d’autres seront orientées vers des projets externes (réemploi ex situ).

Il n’existe pas de recette universelle. Chaque projet nécessite des arbitrages, en fonction :

  • des contraintes économiques,
  • des impacts environnementaux,
  • des quantités disponibles,
  • de la faisabilité technique,
  • des contraintes de planning etc.

L’objectif n’est pas de tout réemployer, mais de concentrer les efforts sur les gisements présentant le meilleur impact, au regard des moyens mobilisables.

Dans le cas des projets neufs, la stratégie repose sur les mêmes logiques d’arbitrage, mais appliquées au sourcing externe. Elle dépend notamment :

  • de la capacité à identifier et sécuriser des gisements adaptés,
  • de leur adéquation avec les ambitions architecturales, techniques et environnementales du projet.

Concrètement, cette démarche repose sur la recherche et la récupération de matériaux de réemploi issus de l’extérieur, qui proviennent d’autres opérations ou de matériauthèques, par exemple.

Sécuriser techniquement et réglementairement la démarche

Le réemploi reste une pratique encore partiellement encadrée.

Pour les éléments susceptibles d’affecter la solidité des ouvrages ou la sécurité des personnes, une qualification technique est requise. Elle repose sur une analyse du cadre réglementaire applicable, une vérification de l’aptitude à l’usage au regard des performances attendues et, le cas échéant, sur des études spécifiques et des essais.

Cette démarche de fiabilisation doit être conduite par un bureau d’études spécialisé, disposant des compétences techniques et d’une couverture assurantielle adaptée, notamment en responsabilité décennale.

C’est précisément l’un des rôles de Bobi Réemploi, qui intervient en tant que qualificateur technique de matériaux de réemploi, en sécurisant la démarche sur les plans technique, réglementaire et assurantiel. Nous sommes en effet assurés pour cette mission auprès de la SMA BTP.

Intégrer le réemploi aux pièces marché

Pour que le réemploi soit réellement mis en œuvre, il doit être inscrit contractuellement.
La stratégie définie est traduite dans les pièces marché :

  • CCTP : prescriptions techniques de dépose ou de reconditionnement par exemple
  • DPGF : décomposition des prix liés aux articles du CCTP
  • RC et CCAP : sécurisation administrative de la démarche
  • Et souvent une notice réemploi, qui synthétise la démarche de réemploi dans le projet

Cette étape est déterminante : elle crée une obligation contractuelle pour les entreprises, sécurise les engagements pris en phase conception et évite que le réemploi ne demeure une simple intention.

Mettre en oeuvre le réemploi sur chantier

Vient ensuite la phase opérationnelle, qui se décline comme suit :

  • Dépose soignée des éléments identifiés,
  • Conditionnement et stockage adaptés,
  • Recherche de repreneurs pour le réemploi ex situ,
  • Et/ou sourcing progressif pour les matériaux intégrés au projet.

Un reconditionnement des matériaux peut également être nécessaire. Celui-ci peut aller du simple nettoyage à des opérations plus poussées de retravail des gisements.

Une fois prêts, les matériaux sont posés selon des procédés généralement similaires à ceux des matériaux neufs.

👉 Consultez notre article pour en savoir plus sur de déroulement d’un chantier avec du réemploi.

Pourquoi se faire accompagner dans une démarche de réemploi ?

Le réemploi implique des étapes supplémentaires, du temps et une certaine capacité d’adaptation.
Il ne s’agit pas d’une contrainte, mais d’une manière différente de concevoir et de construire.
Pour qu’il devienne une réelle valeur ajoutée au projet, il gagne à être anticipé et structuré dès le départ.

Être accompagné permet :

  • De définir une stratégie réaliste,
  • De sécuriser les aspects techniques et assurantiels,
  • D’anticiper les contraintes de planning,
  • De bénéficier de références, d’exemples et d’idées de détournement d’usage, pour enrichir la créativité du projet.

Le réemploi peut être discret ou pleinement assumé comme parti pris architectural. Dans tous les cas, lorsqu’il est anticipé, il devient une ressource de conception plutôt qu’une contrainte — comme nous le détaillons dans notre article dédié.

Conclusion

Une démarche de réemploi transforme la manière de concevoir et de construire.
Elle demande un changement d’état d’esprit, une certaine souplesse en phase travaux et surtout un accompagnement adapté à chaque étape d’un projet :

Etape d'une mission d'accompagnement réemploi par un AMO réemploi

Chez Bobi Réemploi, nous accompagnons les porteurs de projets à chaque étape pour transformer les bâtiments en ressources plutôt qu’en déchets.

👉 Vous souhaitez intégrer le réemploi sereinement à votre projet ?
Contactez-nous, notre équipe se fera un plaisir de vous accompagner.

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