Le réemploi de matériaux de construction s’invite de plus en plus dans le secteur du bâtiment : une excellente nouvelle pour notre planète.
Mais que signifie réellement « réemploi » et comment ne plus le confondre avec d’autres termes qui lui sont proches ?
La définition du réemploi
Selon le code de l’environnement (article L541-1-1), le réemploi est défini par :
« Toute opération par laquelle des substances, matières ou produits qui ne sont pas des déchets sont utilisés de nouveau pour un usage identique à celui pour lequel ils avaient été conçus ». [1]
Autrement dit, le réemploi consiste à récupérer un élément et à le réutiliser pour la même fonction. Par exemple, on parle de réemploi lorsque l’on récupère une cloison amovible pour la réinstaller en tant que cloison amovible.
Pour cela, il faut déposer soigneusement l’élément à réemployer. Il peut ensuite être nécessaire de le reconditionner avant repose. Cela peut être un nettoyage, une remise en peinture, une adaptation des dimensions, etc.
L’important est que l’on conserve le matériau en tant que tel, et non uniquement sa matière (voir partie quelle est la différence entre réemploi et recyclage).
Autre point essentiel : un élément réemployé ne possède pas le statut de déchet.
Quelle est la différence entre réemploi et réutilisation ?
Les termes « réemploi » et « réutilisation » sont souvent confondus. Pourtant, ils désignent deux réalités règlementairement distinctes. Toujours selon le Code de l’environnement (article L541-1-1), la réutilisation désigne :
« Toute opération par laquelle des substances, matières ou produits qui sont devenus des déchets sont utilisés de nouveau ».
La différence principale avec le réemploi est donc le statut de déchet :
- En réemploi : l’élément n’est pas un déchet
- En réutilisation : l’élément est devenu un déchet avant d’être réutilisé
Autre nuance : la réutilisation peut concerner un usage différent de l’usage initial. Ci-dessous deux exemples permettent d’illustrer cette différence :

Exemple de réemploi :
Des cloisons amovibles reposées comme cloisons amovibles
Bureaux de Square Glasses, Lyon (69)

Exemple de réutilisation :
Des persiennes bois transformées en revêtement de façade (détournement d’usage)
Maison du projet de la Saulaie, Oullins (69)
Dans la pratique en revanche, la frontière entre les deux termes est fine. C’est pourquoi, dans le secteur du bâtiment, ces deux notions sont souvent regroupées sous le terme « réemploi ». C’est aussi l’usage que nous adoptons dans la suite de cet article.
Quelle est la différence entre réemploi et recyclage ?
La confusion entre « réemploi » et « recyclage » est également fréquente. Selon le code de l’environnement (article L541-1-1), le recyclage est défini comme :
« Toute opération de valorisation par laquelle les déchets, y compris les déchets organiques, sont retraités en substances, matières ou produits aux fins de leur fonction initiale ou à d’autres fins. Les opérations de valorisation énergétique des déchets, celles relatives à la conversion des déchets en combustible et les opérations de remblaiement ne peuvent pas être qualifiées d’opérations de recyclage »
La différence est simple :
- Le réemploi conserve le matériau tel quel
- Le recyclage détruit le matériau pour en récupérer la matière
Le recyclage implique donc des procédés industriels de transformation et une consommation d’énergie importante. Alors que le réemploi, lui, repose davantage sur un travail humain de dépose, de tri et de remise en état.
Ainsi, le réemploi est généralement plus sobre en énergie que le recyclage.
D’autres définitions utiles
Voici quelques notions clés permettant de mieux comprendre le cadre du réemploi et de l’économie circulaire plus généralement.
Le code de l’environnement (article L541-1-1) définit les termes suivants :
- Déchet :
« Toute substance ou tout objet, ou plus généralement tout bien meuble, dont le détenteur se défait ou dont il a l’intention ou l’obligation de se défaire »
- Valorisation :
« Toute opération dont le résultat principal est que des déchets servent à des fins utiles en substitution d’autres substances, matières ou produits qui auraient été utilisés à une fin particulière, ou que des déchets soient préparés pour être utilisés à cette fin, y compris le producteur de déchets ».
Le terme de valorisation tel qu’il est défini dans la loi transition énergétique pour une croissance verte désigne à la fois la réutilisation et le recyclage. La valorisation énergétique des déchets, n’est, elle, pas prise en compte dans cette définition.
- Elimination :
« Toute opération qui n’est pas de la valorisation même lorsque ladite opération a comme conséquence secondaire la récupération de substances, matières ou produits ou d’énergie »
- Traitement :
« Toute opération de valorisation ou d’élimination, y compris la préparation qui précède la valorisation ou l’élimination »
- Upcycling ou « surcyclage » en français :
« Toute opération de valorisation par laquelle les déchets, y compris les déchets organiques, sont retraités en substances, matières ou produits aux fins de leur fonction initiale ou à d’autres fins »
L’upcycling consiste donc à récupérer des matériaux ou des produits dont on n’a plus l’usage afin de les transformer en matériaux ou produits de qualité ou d’utilité supérieure.
Conclusion
Le réemploi de matériaux de construction consiste à réutiliser des produits, matériaux ou équipements pour leur offrir une seconde vie, pour le même usage ou un usage détourné, sans transformation lourde de la matière.
C’est une démarche vertueuse qui permet de :
- Réduire la production de déchets,
- Préserver les ressources naturelles,
- Limiter l’énergie consommée pour produire du neuf.
En résumé, le réemploi cherche à faire avec l’existant plutôt que produire du neuf. Une approche de plus en plus essentielle pour construire de manière plus responsable.
Bibliographie
[1] – https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000023248311/2020-02-12