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Initiation d’une démarche de réemploi dans un projet de réhabilitation de logements sociaux

Tout au long du dernier trimestre 2020, Bobi Réemploi a accompagné Lyon Métropole Habitat dans un projet de réhabilitation importante à Oullins. 158 logements sont concernés, répartis sur 4 immeubles construits dans les années 1930, sur le modèle des « Habitations Bon Marché », très répandues à l’époque. Des appartements plutôt anciens donc, qui bien que nécessitant des rénovations importantes, renferment toujours des ressources très intéressantes en vue du réemploi.

Image d’en-tête : Carreaux de carrelage récupérés lors des tests de dépose

Diagnostic Ressources et tests de dépose

Comme pour tout projet ayant pour objectif de réemployer certains éléments, tout commence par un diagnostic des ressources présentes sur le site. Portes palières en bois massif, portes intérieures en bois également, carrelage, lavabos, persiennes métalliques : une grande part des éléments présents depuis les années 30 est toujours dans un bon état de conservation. Il semble donc bien naturel de leur trouver une seconde vie !

Aperçu des ressources disponibles dans la résidence

D’autres éléments, dont le réemploi semble plus compliqué, retiennent toutefois notre attention : certains éviers, gravillons en toiture, interphones, radiateurs en acier

Aperçu des autres ressources envisageables pour un réemploi

Au moment de rechercher des filières intéressées par les ressources identifiées, l’idée de réemployer certains de ces éléments in situ commence à séduire la maîtrise d’ouvrage. L’occasion donc de valoriser des matériaux au plus près, en conservant l’esprit du lieu et en minimisant le recours à des éléments neufs. S’ouvre alors une seconde étape de notre mission durant laquelle nous accompagnons des tests de dépose réalisés par l’entreprise lyonnaise Made in Past. Compte tenu du potentiel de réemploi de chacun des éléments présents, nous concentrons nos efforts sur les valeurs les plus « sûres » du projet, les portes intérieures et le carrelage, qui pourront être réemployées in situ.

Tests de dépose des portes intérieures

Tests de dépose du carrelage

Ces tests de dépose s’avèrent très concluants : le carrelage se sépare plutôt facilement de la colle et s’ébrèche peu, ce qui nous permet d’estimer que 50% de la surface disponible pourra être réemployée (soit 1 m² récupéré tous les 2 m² déposés). Au total, c’est près de 800 m² qui pourront ainsi être réutilisés au sein du futur projet ou ex situ.

Concernant les cadres de portes, nous constatons qu’ils peuvent être retirés sans devoir piquer la chape dans laquelle ils sont légèrement immergés. Il s’avère également assez simple de rompre les pattes de fixation qui lient les cadres bois aux cloisons intérieures en briques. Toutes ces « bonnes surprises » nous permettent de gagner un temps précieux et d’envisager un taux important de réemploi, de l’ordre de 90% des cadres disponibles, soit au total plus de 250 portes sur l’entièreté du projet.

Objectifs de réemploi fixés en phase programmation

Pour cette mission, nous avons eu la chance d’arriver très en amont, lors de la phase de programmation pilotée par Florès. C’est grâce à cette prise en compte rapide des enjeux liés au réemploi que le Diagnostic Ressources a pris son intérêt, en permettant de formuler très tôt des exigences en termes de réemploi in situ pour chacune des ressources identifiées. Nous avons ainsi pu séparer les ressources à fort potentiel, sur lesquelles il convenait de se concentrer, de celles moins évidentes qui pouvaient néanmoins correspondre aux besoins d’autres preneurs -pour un réemploi ex situ par exemple.

Forts des résultats encourageants lors des tests de dépose, nous avons donc pu proposer au maître d’ouvrage et aux programmistes un taux minimal de réemploi à atteindre pour chacune des ressources inventoriées lors de la phase de diagnostic.  Ces mêmes exigences ont ainsi pu être reprises au sein de la consultation, lancée en cette fin janvier, à travers un chapitre très opérationnel concernant le réemploi.  Les entreprises répondant à l’appel d’offre CREM (Conception Réalisation Entretien Maintenance) devront donc présenter des compétences en termes de réemploi, et s’engager à recourir en priorité aux matériaux identifiés lors de notre mission.

Visite de l’Herminette et services proposés

Parmi les opportunités de réemploi in situ évoquées avec la maîtrise d’ouvrage, le cas des portes est au cœur des préoccupations. Les tests de dépose ont montré qu’il était possible de démonter soigneusement l’ensemble des blocs portes intérieurs (cadres + ouvrants) pour un coût raisonnable. Il est toutefois nécessaire d’ajouter à ce coût des prestations nouvelles, propres au réemploi, qui permettront de réintégrer ces anciennes portes au futur projet : retirer les couches de peintures, modifier les cadres de portes pour s’adapter aux futures cloisons, changer la serrurerie… Concernant les portes palières, même constat : si dans leur cas les cadres ne peuvent pas être conservés, il faut prévoir une adaptation à des cadres neufs, un renforcement des performances acoustiques, et une mise aux normes en termes de sécurité (notamment une fermeture 3 points).

C’est ainsi qu’en recherchant des entreprises capables de réaliser ce type de prestations, nous avons contacté l’Herminette, Portes Anciennes de France, une entreprise spécialiste des portes en bois en tout genre. Située à Crémieu (environ 30 km à l’Est de Lyon), l’entreprise nous a ouvert les portes de son stock, à Bobi et LMH, le temps d’une visite commentée.

Quelques images du stock -impressionnant !- de l’Herminette, à Crémieu

Depuis plusieurs décennies, l’entreprise collecte, stocke et restaure d’authentiques portes anciennes venues de toute la France, en se focalisant sur des modèles à minima centenaires. Nous découvrons ainsi leur stock, riche de 4500 pièces dont la plupart sont uniques : portes de communication, portes d’entrée, portes de placard, fenêtres, boiseries, de tous styles et de toutes les époques.

Lorsqu’elles sont récupérées par l’Herminette, les portes suivent des étapes bien définies. Elles sont d’abord décapées, pour retirer dans certains cas plus d’une vingtaine de couches de peinture -ces mêmes couches qui sont dans certains cas plus lourdes que l’âme en bois de la porte elle-même ! – Le traitement chimique qui permet ainsi de les décaper assure également la dépollution au plomb, souvent présent au sein des couches de peinture réalisées avant 1950.  

Par la suite, chaque porte est restaurée au cœur de leur atelier de Saint-Quentin-Fallavier. Les pièces de bois trop abîmées sont remplacées, en prenant soin de recourir à un bois de la même essence, semblablement patiné et veiné. Les dimensions de la porte peuvent également être adaptées, et les assemblages consolidés si besoin.

Enfin, l’Herminette réalise des cadres sur mesure, s’adaptant au futur projet, et équipe la porte de pièces de quincaillerie anciennes ou modernes. Pour assurer des performances de tenue au feu, de nouveaux joints peuvent être apposés, tandis que des panneaux acoustiques peuvent être ajoutés sur l’une des faces pour augmenter les performances phoniques.

Nous espérons ainsi que les portes palières et celles de communication présentes à Oullins pourront être réemployées au sein du futur projet, tout comme les carreaux de carrelage que nous avons pu identifier. Si certaines des ressources que nous avons mentionnées dans l’article vous intéressent, n’hésitez pas à nous contacter directement à l’adresse contact@bobi-reemploi.fr.