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Exemple d’ACV sur un projet de Maëlle Architecture

Crédit photographiques : Maëlle Architecture

Comme promis depuis déjà deux articles, nous revenons enfin sur une mise en pratique de la méthodologie développée chez Bobi concernant l’ACV des matériaux de réemploi. Avant la période estivale, nous avons en effet eu la chance de pouvoir échanger avec l’agence Maëlle Architecture dans l’objectif d’estimer l’impact environnemental d’un de ses projets à Caluire.

Retour sur ces premiers résultats encourageants pour le réemploi.

Présentation du projet et des matériaux réemployés

L’agence Maëlle Architecture ancre sa pratique dans des valeurs éthiques et environnementales fortes, en recourant très souvent au réemploi de matériaux de construction et/ou aux matériaux bio-sourcés. Souhaitant pouvoir quantifier les bénéfices permis par ces pratiques vertueuses, l’agence nous a confié l’étude d’un petit projet réemployant certains revêtements de sol et du mobilier existant. L’objectif ici est de montrer que le réemploi a du sens même à petite échelle, et qu’il gagne encore en pertinence à l’échelle globale d’un bâtiment entier. Compte tenu des informations dont nous disposions, notre étude s’est focalisée sur les parquets et carrelages, le mobilier s’avérant trop complexe. En effet, certains meubles existants (sans données disponibles concernant l’impact environnemental) ont été conservés et upcyclés mais ils ne seront pas évoqués au sein du bilan total proposé plus loin. Voici donc les matériaux et quantités associées que nous avons considéré :

  • Parquet Contre collé – PANAGET chêne 2 frises – 21,00 m², pour un besoin de 15m² dans le salon, acheté sur le site Re.Source
  • Parquet Contre collé – CFP Xtralame brossé mat – 18,00 m², pour répondre à un besoin de 12m², également acheté sur Re.Source
  • Carrelage effet béton gris clair – de type ARTENS Médio – 3m², pour couvrir les 2,3m² des toilettes. Ce dernier lot a été acheté chez Minéka

Recherches préliminaires et hypothèses

Comme expliqué dans notre précédent article, nous avons d’abord collecté les FDES équivalentes aux matériaux concernés (données par défaut). Pour la plupart des FDES par défaut, deux modèles de fiches sont disponibles sur la base INIES, reflétant deux hypothèses : une gestion durable ou une gestion non durable. Pour ces deux options, toutes les données sont les mêmes exceptée l’indicateur de réchauffement climatique, majoré de 30 à 50% dans le cas d’une gestion non durable. Nous avons opté pour les données «gestion non-durable », étant donné que les fabricants des parquets n’évoquaient jamais une quelconque recherche d’écoconception.

Par la suite, nous avons donc pu comparer l’ACV propre aux matériaux réemployés par rapport à l’équivalent en matériaux neufs. Afin d’estimer les bénéfices globaux de cette opération, nous présentons les réductions d’impact globales, sans différencier celles imputables au vendeur ou à l’acheteur du produit. Nous incluons enfin dans cette analyse les matériaux collectés par Minéka lors du curage de l’appartement, lesquels viendront s’ajouter à la liste des déchets évités (voir le récapitulatif ci-dessous).

Extrait du récépissé de collecte délivré par Minéka. Sont listés l’ensemble des matériaux récupérés par Minéka lors de l’opération de curage du chantier de Maëlle Architecture.

Résultats de l’Analyse Cycle de Vie

Diagramme comparant les impacts avec ou sans réemploi pour les 4 indicateurs retenus par le client (projet de Maëlle Architecture à Caluire,  extrait de l’ ACV de Bobi Réemploi).

Nous observons ainsi que pour chacun des indicateurs retenus, le recours au matériaux réemployés est toujours bien meilleur que le neuf. Pour mieux se représenter les impacts évités, nous proposons quelques équivalences permettant d’illustrer ces chiffres par des exemples plus parlants.

1,42 tonnes de CO2 évités c’est :

– 13000 km avec une voiture récente de catégorie B (101 à 120g/km)

– Plus d’un aller-retour Paris-New York en seconde classe (environ 1tCO2)

14300 kWh qui n’ont pas été consommés, soit :

– La consommation d’un congélateur récent (A++) pendant 10 ans, branché en continu

20,7 m3 d’eau (20700 litres), cela représente :

– environ 410 douches (en comptant en moyenne 50 litres utilisés par douche)

– plus de 1380 cycles de lavages pour un lave-vaisselle récent (15 litres consommés par lavage)

1,25 tonnes de déchets évités :

– soit la masse d’une voiture moyenne

– deux girafes adultes 🙂

 

Voici un bilan encourageant qui nous donne envie d’agir, et de systématiser bien davantage le recours au réemploi !

Pour aller plus loin
  • Une infographie particulièrement bien réalisée montrant le poids carbone associé à nos consommations quotidiennes, produite en collaboration entre l’ADEME et Qu’est-ce qu’on fait ?